Innovations environnementales et demande durable

Participants, membres permanents du laboratoire : Marie-Claude Bélis-Bergouignan (PR), Eric Brouillat (MCF), Vanessa Oltra (MCF), Maïder Saint-Jean (MCF)
L’innovation environnementale a clairement un volet technologique et le dépassement d’un certain nombre d’obstacles sur le chemin du développement durable repose sur ces innovations et sur les instruments et les politiques qui vont les favoriser. Fort des compétences développées par l’équipe en modélisation évolutionniste adaptée à l’étude des innovations environnementales, cet axe de travail sera poursuivi et enrichi par la conception de nouveaux modèles à base d’agents intégrant davantage les interactions entre système industriel et système écologique en prenant en compte la coévolution de deux systèmes adaptatifs complexes ayant des temporalités différentes et régis par des processus dynamiques spécifiques caractérisés par des non-linéarités et des boucles de rétroaction particulières. Ce type de modèles servira de base à l’étude de l’impact de la réglementation sur la dynamique du système.
Cette modélisation servira de cadre pour des travaux empiriques portant sur les innovations environnementales sectorielles avec une attention sur deux secteurs industriels particuliers : la chimie (l’impact du règlement européen REACH sur les innovations et la compétitivité du secteur) et le secteur forêt-bois-papier (avec une focalisation sur les biotechnologies à partir d’une analyse des brevets et de la structuration du réseau d’innovateurs autour de ces technologies).
Un nouvel axe de travail sur les questions de demande et de consommation durable doit venir compléter nos recherches sur le concept d’innovation environnementale, jusqu’alors plutôt focalisées sur la dynamique de l’offre et les déterminants sectoriels à l’œuvre dans les trajectoires d’évolution des innovations environnementales. Or, le développement de telles innovations - et particulièrement leur diffusion - doit être analysé dans ses interactions avec les modes de consommation et d’usage des consommateurs. Le concept de consommation durable reste cependant flou et demande à être mieux spécifié. Deux voies de recherche complémentaires seront poursuivies. Sur le plan théorique, il s’agit d’enrichir la modélisation de la demande et des préférences des consommateurs en utilisant notamment les préférences lexicographiques. Dans ce type d’approche, les préférences des consommateurs dépendent de l’ordre de priorité qu’ils ont établi sur un ensemble de critères ou de caractéristiques du produit.
Dans un tel cadre théorique, la consommation durable pourrait être modélisée comme une modification des préférences lexicographiques (en particulier des priorités et du poids accordé à telle ou telle caractéristique) et des compromis établis par les consommateurs. Une telle modélisation doit aussi tenir compte du poids des habitudes et des routines dans les modes de consommation ainsi que des formes d’apprentissage dans la consommation. Sur le plan empirique, la collecte de données quantitatives détaillées sur la consommation durable doit nous permettre d’identifier les critères de choix et les variables de décision clés des consommateurs et ainsi de caractériser différents profils de consommation durable.



